La retraite
La question de la retraite est au cœur des préoccupations des salariés. Entre la réforme de 2023 et les récents ajustements de la Loi de Financement de la Sécurité Sociale (LFSS) pour 2026, les règles ont évolué. Pour les élus du CSE, la maîtrise de ce sujet est indispensable afin d’informer au mieux les collaborateurs et d’assurer un suivi de la politique sociale de l’entreprise. Voici le point complet sur la situation au 1er septembre 2026.
Réforme et ajustements 2026 : Quel est l’âge légal de départ ?
La réforme de la retraite issue de la Loi n° 2023-270 du 14 avril 2023 a progressivement décalé l’âge légal. Toutefois, la LFSS 2026 a introduit une suspension de certains paliers jusqu’en 2028.
Le calendrier actualisé des générations
L’âge de 64 ans ne s’applique désormais qu’aux personnes nées à partir de 1969. Pour les générations précédentes (1964 à 1968), l’âge varie selon l’année de naissance :
| Année de naissance | Âge requis au 1er sept. 2026 | Trimestres requis |
| 1964 | 62 ans et 9 mois | 170 |
| 1965 (janv. à mars) | 62 ans et 9 mois | 170 |
| 1965 (avr. à déc.) | 63 ans | 171 |
| 1966 | 63 ans et 3 mois | 172 |
| 1967 | 63 ans et 6 mois | 172 |
| 1968 | 63 ans et 9 mois | 172 |
| 1969 et après | 64 ans | 172 |
Les dispositifs de départs anticipés : Qui peut partir avant 64 ans ?
Il est possible de liquider sa retraite avant l’âge légal sous certaines conditions spécifiques (Décret n° 2023-436 modifié par la LFSS 2026).
1. Carrières longues : un dispositif assoupli
La suspension actuelle profite aux personnes nées entre 1964 et 1968 ayant commencé à travailler tôt. Quatre bornes d’âge sont à retenir :
- 58 ans pour un début d’activité avant 16 ans.
- 60 ans pour un début d’activité avant 18 ans.
- 62 ans pour un début d’activité avant 20 ans.
- 63 ans pour un début d’activité avant 21 ans (Art. D351-1-1 du CSS).
Condition de validation : L’assuré doit valider 4 ou 5 trimestres à la fin de l’année de sa borne d’âge.
2. Handicap, incapacité et inaptitude
- Handicap : Départ possible dès 55 ans si l’assuré justifie d’une incapacité permanente d’au moins 50 % et d’un nombre minimum de trimestres cotisés.
- Incapacité permanente (origine pro) : Départ possible à 60 ans (si taux ≥ 10 %).
- Inaptitude au travail : Départ possible dès 62 ans.
Comment valider ses trimestres ? (Le calcul basé sur le revenu)
Contrairement à une idée reçue, un “trimestre” de retraite n’est pas une durée calendaire, mais un montant de revenus cotisés.
La règle des 150 fois le SMIC
Pour valider un trimestre, le salarié doit percevoir un salaire brut représentant 150 fois le montant du SMIC horaire.
En 2026, les seuils sont les suivants :
- 1 trimestre : 1 803,00 € brut.
- 4 trimestres (maximum annuel) : 7 212,00 € brut.
Plafond : Les cotisations sont calculées dans la limite du plafond mensuel de la Sécurité sociale (4 005 € en 2026). L’Assurance retraite ne peut valider plus de 2 trimestres sur un seul mois.
Validation lors d’interruptions de contrat
Certaines périodes non travaillées permettent de valider des trimestres (limité à 4 par an) :
- Chômage indemnisé : 1 trimestre tous les 50 jours de chômage.
- Maladie / Accident du travail : 1 trimestre tous les 60 jours de versement d’indemnités journalières (Art. R351-12 du CSS).
Famille et aidants : Les trimestres supplémentaires
Le Code de la Sécurité sociale prévoit des majorations pour tenir compte de l’impact de la vie familiale sur la carrière (Art. L. 351-4).
- Majoration maternité : 4 trimestres attribués d’office à la mère biologique.
- Majoration éducation : 4 trimestres.
– Enfants nés avant 2010 : attribués à la mère.
– Enfants nés après 2010 : répartition au choix des parents.
– Nouveauté 2023 : La mère bénéficie obligatoirement d’au moins 2 trimestres d’éducation par enfant mineur. - Aidants familiaux : 1 trimestre supplémentaire pour chaque période de 30 mois de prise en charge d’un adulte handicapé (limite de 8 trimestres).
Calculer le montant de sa pension de retraite de base
Le montant de la pension dépend de trois variables clés. La formule mathématique est la suivante : Montant = Revenu Annuel Moyen x Taux x (Durée d’assurance / Durée requise)
1. Le Revenu Annuel Moyen (RAM)
Il correspond à la moyenne des salaires bruts des 25 meilleures années. Toutes les primes et heures supplémentaires sont incluses.
2. Le Taux : Plein, Décote ou Surcote
- Taux plein (50 %) : Obtenu si l’assuré a l’âge et les trimestres requis, ou à défaut, dès 67 ans (âge de l’annulation de la décote).
- Décote : Si des trimestres manquent, le taux de 50 % est réduit de 0,625 point par trimestre manquant (soit 1,25 % de réduction), dans la limite de 20 trimestres.
- Surcote : Si l’assuré travaille au-delà de l’âge légal et du nombre de trimestres requis, sa pension est majorée de 1,25 % par trimestre supplémentaire.
- Surcote parentale (Nouveauté) : Majoration jusqu’à 5 % pour les parents ayant acquis au moins un trimestre de majoration enfant et travaillant après 63 ans.
Montant minimal : Au 1er janvier 2026, la pension minimale pour une carrière complète est portée à 903,93 € brut.
La retraite complémentaire Agirc-Arrco
En plus de la retraite de base, les salariés du privé perçoivent une pension complémentaire par points.
- Calcul : On accumule des points tout au long de la carrière via les cotisations salariales et patronales.
- Valeur du point : Fixée à 1,4386 € au 1er novembre 2025.
- Versement : Mensuel, en complément de la pension de la Sécurité sociale.
Le rôle et les obligations du CSE : Comment accompagner les salariés ?
Le CSE n’intervient pas dans le calcul individuel, mais il a un rôle d’information et de surveillance stratégique :
- L’information des salariés : Le CSE peut organiser des permanences ou inviter des experts pour aider les salariés à lire leur relevé de carrière (disponible sur Info Retraite).
- L’entretien de fin de carrière : Comme vu précédemment, le CSE doit veiller à ce que l’employeur organise l’entretien de parcours professionnel spécifique avant 60 ans.
- Le suivi via la BDESE : Le CSE doit surveiller la pyramide des âges et s’assurer que les départs à la retraite sont anticipés pour éviter la surcharge de travail des équipes restantes.
- Accompagnement social : Les élus peuvent proposer des mesures d’aménagement de fin de carrière (temps partiel sénior, mécénat de compétences) dans le cadre de la consultation sur la politique sociale de l’entreprise.
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